Grande enquête sur la pratique du yoga en France

Grande enquête sur la pratique du yoga en France

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Pourquoi une enquête nationale ?

La pratique du yoga se développe de manière exponentielle depuis le début du XXI° siècle. Elle répond à des demandes multiples : bien-être physique et psychologique, pacification du mental, prise en charge active de sa santé, connaissance de soi, préoccupations écologiques, recherche d’une sagesse, etc. Elle concerne des publics très divers, de toutes professions, orientations philosophiques ou spirituelles ; elle accompagne les sportifs, elle est souvent préconisée aux enfants, personnes âgées ou souffrant de handicaps. Mais nous ne savons que très peu de choses de ces motivations et de ces contextes très divers, ce qui permet mal d’appréhender les besoins des différents publics.

Les medias donnent du yoga une image souvent éclatée, ou décevante. On peut penser que cette situation changerait si les journalistes disposaient d’informations fiables sur le nombre et les profils des enseignants et des pratiquants, sur les propositions pédagogiques et les sources sur lesquelles elles s’appuient. Malgré une prolifération de sites internet, le paysage de la pratique du yoga en France est donc encore mal connu, dans un contexte en constant changement. Cela exige une communication adaptée, fondée sur une connaissance de terrain.

L’enseignement du yoga en France s’est professionnalisé, grâce à l’action sur le long terme d’acteurs historiques existant depuis une cinquantaine d’années. Mais cette professionnalisation est inégale : s’il existe désormais des formations longues (jusqu’à 1.000h), structurées par des référentiels et, pour certaines, qualifiées par des labels ou délivrant des Certificats Professionnels, il existe aussi des cycles succincts (parfois 40h), basiques et sans exigence de scientificité ni d’éthique. Assurer la sécurité des publics s’inscrit dans un contexte sociétal qui requiert une description objective et une vue globale : qui sont les enseignants de yoga ? comment se sont-ils formés ? quels statuts ont-ils ? quels sont leurs contextes d’enseignement ? Il s’agit donc de collecter pour la première fois un ensemble de données sur une profession que la pandémie met à mal et, par la suite, de s’appuyer sur ces données pour engager des actions concrètes de soutien et de développement.

Les medias donnent du yoga une image souvent éclatée, ou décevante. On peut penser que cette situation changerait si les journalistes disposaient d’informations fiables sur le nombre et les profils des enseignants et des pratiquants

Comment s’est déroulée cette enquête ?

Cette enquête s’est tout d’abord adressée à un panel national représentant la population française et donne ainsi une indication sur l’image du yoga en France et le nombre de pratiquants, ainsi que sur la plupart des « couleurs » de pratique et de transmission.
Après l’obtention de ces informations très générales, les grandes structures fédératives, associatives ou
commerciales du monde du yoga ont participé à cette enquête, en diffusant auprès de leurs membres ou leur public, le lien qui permettra à ceux-ci d’accéder à un questionnaire mis en ligne. Les réponses de ce public ciblé offrent une présentation précise du paysage yogique français.

Il a été recueilli 18.846 réponses qui viennent s’ajouter aux 1.000 personnes qui constituaient le panel représentatif de la population française, soit un total de près de 20.000 répondants.

Un vrai succès ! Qui n’a vraiment été possible que grâce à la participation en nombre de différents partenaires :

11 fédérations de pratiquants ou d’enseignants :
Association Française de Yoga Iyengar® (AFYI)
Fédération Française de Hatha Yoga (FFHY)
Fédération Inter-Enseignements de Hatha Yoga (FIDHY)
Fédération Nationale de Yoga Traditionnel (FNYT)
Fédération Viniyoga Internationale (FVI)
Fédération Yoga & Ayurveda (FYA)
Fédération de Yoga des Lignées d’Enseignement (FYLE)
Institut Français de Yoga (IFY)
Union Nationale de Yoga (UNY) / Fédération Nationale des Enseignants de Yoga (FNEY)
Union des Professionnels du Yoga (UPY)
Viniyoga Fondation France (VFF)

1 groupe de recherche :
Recherche sur le Yoga dans l’Education (RYE)

3 magazines :
Le magazine “Esprit Yoga”
Infos Yoga
Le Journal du Yoga

Ce projet a été soutenu par des dons faits au SNPY par certains de ses partenaires, des membres de l’UNY / FNEY, par l’École Française de Yoga (EFY) et par la Fondation du Capitalisme Responsable.

Un premier communiqué de presse sera publiée en juin 2021 et les résultats seront publiés sur le site média de l’observatoire du yoga .

Sous l’impulsion du SNPY, une grande partie des acteurs français du monde du yoga – fédérations ou associations d’enseignants, écoles de formation, studios, magazine – se sont mobilisés pour collecter ensemble des données significatives sur la pratique du yoga dans l’Héxagone, nous sommes heureux de partager avec vous aujourd’hui les chiffres-clés :

10 MILLIONS DE FRANÇAIS ONT PRATIQUÉ LE YOGA AU COURS DES 3 DERNIÈRES ANNÉES !

Grâce au panel, nous avons découvert que le nombre de pratiquants de yoga en France a plus que triplé au cours des dix dernières années !

UN ACCROISSEMENT CONSIDÉRABLE DU NOMBRE DE PRATIQUANTS DE YOGA EN FRANCE : +300% EN 10 ANS !

« Le nombre de pratiquants de yoga en France a plus que triplé au cours des dix dernières années. » se réjouit Patrick Tomatis. « C’est une excellente nouvelle pour notre profession, d’autant que les ¾ d’entre eux pratiquent régulièrement ».

En 2010, les Français étaient 3 millions à pratiquer. 10 ans après, ils sont 10,7 Millions (soit 20,5% de la population) à l’avoir fait ces trois dernières années, soit 1 français adulte sur 5.
La hausse apparaît d’autant plus remarquable quand on voit qu’en 2010, ils étaient 1,6 Millions en France à le pratiquer de façon régulière (au moins deux fois par mois), et qu’aujourd’hui nous sommes 7,9 Millions, soit 4 fois plus.

En effet, en 2020, près des 3/4 des pratiquants (soit 15% des français adultes – 7,9 Millions) pratiquent le yoga régulièrement : – 52% pratiquent chaque semaine – 22% pratiquent une à deux fois par mois Parmi ces pratiquant réguliers, ce sont les plus de 50 ans qui sont plus assidus quand les 18-24 ans font du yoga plutôt occasionnellement.

¼ DES PRATIQUANTS ONT COMMENCE LE YOGA DEPUIS LA CRISE SANITAIRE !

« La crise sanitaire a fait arriver un grand nombre de nouveaux pratiquants » souligne Patrick Tomatis.

26% des pratiquants (2,8 Millions) ont en effet commencé à faire du yoga depuis moins d’un an ! « Le fait que le yoga soit considéré par quasiment la totalité des répondants comme étant une discipline qui fait du bien et qui soulage du stress explique sûrement l’attrait pour cette discipline dans cette période anxiogène » poursuit le président du SNPY.

L’ENSEIGNEMENT DU YOGA A DISTANCE : OUI… MAIS PAS POUR TOUT LE MONDE !

Depuis le premier confinement 39% des pratiquants ont suivi des cours à distance contre 75% des yogis*.

« Pour suivre des cours à distance, il faut déjà être autonome dans sa pratique » explique Patrick Tomatis. Ce sont donc les yogis qui pratiquent depuis plus longtemps et plus assidûment qui ont été les moins nombreux à arrêter (9%).

* Pratiquants = personnes interrogées dans le cadre du panel représentatif des Français
* Yogis = répondants volontaires sollicités par les partenaires de l’étude (pour plus de détails voir page 2 de la présentation)

« Pour ceux qui pratiquent habituellement en salle, l’enseignement à distance a été un frein à la pratique ». Depuis le début de la crise, 25% des 10,7 millions de pratiquants ont arrêté leur pratique. « Preuve que le lien avec l’enseignant et la convivialité du groupe restent essentiels ! » souligne le représentant de la profession.

ET SUREMENT PAS A 100%

« La fonction essentielle de l’enseignant est d’accompagner et de corriger ses élèves pour leur éviter toute incompréhension et, surtout, leur éviter de se faire mal. » rappelle Patrick Tomatis. Dans cette période où se développent de plus en plus une pratique à la maison menée de façon autonome à l’aide de cours préenregistrés, ou de cours à distance en direct, on peut donc se demander si la relation enseignant-enseigné si fondamentale dans cette discipline se trouve préservée dans le cas d’un enseignement uniquement à distance.

« Dès lors, peut-on imaginer que la crise sanitaire fasse évoluer l’enseignement du yoga sous une forme hybride ? » s’interroge le président du SNPY.

Sur les 3.555 enseignants interrogés, 70% enseignent le yoga à distance depuis le premier confinement, et 36% d’entre eux pensent vraiment poursuivre cette expérience qui permet entre autres de conserver des élèves dont l’éloignement géographique n’autorise plus à suivre leurs cours en présentiel.

LES HOMMES SE METTENT AU YOGA

Les hommes représentent actuellement 31% des pratiquants de yoga en France. Ce sont des pratiquants assidus qui ont tendance à faire plutôt des séances de 2 heures et plus.

Leur pratique s’est renforcée depuis le début de la crise puisqu’ils pratiquent au moins une fois par semaine. « Ceci s’explique par le fait qu’ils ont tendance à privilégier la pratique à la maison, et de façon autonome » commente Patrick Tomatis.

Ayant tendance à rester fidèle au même style de yoga, les hommes sont très sensibles à l’approche pédagogique proposée par l’enseignant. Plutôt que la bienveillance, qualité première attendue d’un enseignant, exprimée par l’ensemble des pratiquants, les hommes accordent plus d’importance au fait que l’enseignant soit chaleureux. Leurs motivations essentielles à la pratique du yoga sont l’amélioration de la souplesse et l’approfondissement de la connaissance de soi.

PROFESSEUR DE YOGA : UN MÉTIER À ENCADRER ET À VALORISER

« L’enseignement du yoga en France s’est professionnalisé grâce notamment à l’action sur le long terme d’acteurs historiques comme notre syndicat » rappelle Patrick Tomatis.

La professionnalisation reste cependant inégale : des formations longues (jusqu’à 1.000h), structurées par des référentiels et, pour certaines, qualifiées par des labels ou délivrant des Certificats Professionnels cohabitent avec des cycles succincts (parfois 40h), basiques et sans exigence de scientificité ni d’éthique.

À ce propos, Patrick Tomatis commente : « Depuis plus de cinquante ans, les différentes structures professionnelles (fédérations ou associations d’enseignants, et le Syndicat) ont œuvré à instaurer des formations longues de qualité afin de former des enseignants compétents qui possèdent pleinement leur art, et sont ainsi garants d’une pratique sans danger pour leurs élèves. Les formations succinctes qui semblent vouloir se diffuser actuellement ne sont pas sans nous inquiéter sur l’avenir du métier. »

ENSEIGNER LE YOGA : UNE PASSION AVANT TOUT

La majorité des 3.555 enseignants-yogis interrogés (76%) ne vivent que partiellement de l’enseignement du yoga. La plupart de ceux-ci (55%) sont actuellement des slasheurs, personne exerçant plusieurs métiers en même temps de façon volontaire et désirent le rester. Ce métier est en effet une passion pour 99% de l’ensemble de ces enseignants, qui s’équilibre bien avec leur vie privée (95%).

« Cette profession ne peut actuellement être reconnue par une certification professionnelle, tel le RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles), car elle ne peut justifier d’une insertion professionnelle viable, la majorité des enseignants exerçant en complément d’activité.

On peut espérer que l’expansion réelle du nombre des slasheurs bouleverse dans un avenir proche cette conception du métier unique.

Actuellement, cette professionnalisation est toutefois reconnue par France compétences, certaines écoles de formation étant déjà, ou prochainement, inscrites au RS (Répertoire Spécifique). Le SNPY s’emploie à être le garant de cette inscription qui permet aux stagiaires en formation d’utiliser leur CPF » explique Patrick Tomatis.

Retrouvez tous les résultats détaillés de l’enquête « Pratique du Yoga en France en 2021 » ci-dessous : 

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3 Commentaires
  • muriel cordonnier
    Publié à 15:12h, 09 juin Répondre

    Je vous félicite pour la qualité de cette enquête, utile pour les enseignants et les centres de formation de futurs enseignants.
    Je pense que la poursuite du travail collaboratif entre fédérations et groupe de recherche est indispensable, pour la reconnaissance de la pratique, sa vitalité , du métier d’enseignant, vers un cahier des charges commun pour la formation des futurs enseignants.

  • L'Équipe Snpy
    Publié à 17:38h, 09 juin Répondre

    Bonjour Muriel,

    Merci pour votre petit mot encourageant.
    Nous nous employons actuellement à faire en sorte que cette collaborations se poursuive au sein du Syndicat, cela nous semble en effet indispensable afin de mutualiser de nombreux dossiers.
    Passez un bon été, et à la rentrée à l’occasion d’une réunion du Comité Inter-écoles
    Amicalement
    Patrick

  • Alain Cathiard
    Publié à 15:02h, 03 juillet Répondre

    Bravo pour cette enquête dont J ai a un moment donné, porté la bonne parole.
    En temps que professeur depuis bientôt 12 ans J ai envie avec votre autorisation de le porter à la connaissance de tous en le faisant figurer sur la page d accueil de mon site.!
    Avec ma considération.
    Cordialement Alain Cathiard président

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